Microplastiques dans l'eau : robinet ou bouteille ?

Les microplastiques sont partout : dans les océans, les sols, l'air que nous respirons… et dans l'eau que nous buvons. Ces dernières années, plusieurs études ont fait grand bruit en révélant la présence de milliers de particules de plastique dans l'eau en bouteille. De quoi bousculer une idée reçue tenace : l'eau en bouteille serait plus pure que l'eau du robinet. Que sait-on réellement ? Quelle eau contient le plus de microplastiques ? Quels sont les risques pour la santé ? Et comment réduire son exposition au quotidien ? Voici un point clair et nuancé sur un sujet encore en pleine recherche.

1. Microplastiques et nanoplastiques : de quoi parle-t-on ?

Les microplastiques sont des fragments de plastique de moins de 5 millimètres. Les nanoplastiques sont encore plus petits, inférieurs au micromètre, c'est-à-dire mille fois plus fins qu'un millimètre. À cette échelle, ils sont invisibles à l'œil nu et même difficiles à détecter avec des microscopes classiques.

Ces particules ont deux origines principales. Certaines sont fabriquées volontairement à petite taille, comme les microbilles autrefois présentes dans certains cosmétiques. La plupart proviennent cependant de la dégradation de plastiques plus grands : bouteilles, emballages, textiles synthétiques qui perdent des fibres au lavage, pneus qui s'usent sur la route, peintures, filets de pêche.

Une fois dans l'environnement, elles se déplacent avec l'eau et le vent. On les retrouve dans les rivières, les lacs, les nappes phréatiques, la pluie, et donc potentiellement dans les ressources utilisées pour produire l'eau potable.

2. Robinet ou bouteille : qui contient le plus de microplastiques ?

C'est la grande surprise de ces dernières années : l'eau en bouteille contient généralement davantage de particules de plastique que l'eau du robinet.

Plusieurs études internationales ont détecté des microplastiques dans la grande majorité des eaux en bouteille testées. Une étude publiée en 2024, utilisant une technique d'imagerie très sensible, a estimé que l'eau en bouteille pouvait contenir en moyenne plusieurs centaines de milliers de particules de nanoplastiques par litre. Les chercheurs ont identifié une partie importante de ces particules comme venant du plastique de la bouteille elle-même et du bouchon.

Pourquoi ? Parce que la bouteille en plastique libère des particules à chaque étape : lors de la fabrication, du remplissage, du transport, de l'exposition à la chaleur et même à chaque ouverture et fermeture du bouchon.

L'eau du robinet n'est pas totalement exempte de microplastiques, mais les usines de traitement en retiennent une grande partie grâce à la décantation et à la filtration. Les mesures disponibles montrent généralement des concentrations plus faibles qu'en bouteille, avec de fortes variations selon les ressources et les méthodes de mesure.

Les eaux en bouteille en verre ne sont pas totalement épargnées : certaines analyses y ont aussi trouvé des particules, provenant notamment de la peinture ou du joint des capsules. Mais la principale source identifiée reste l'emballage plastique, en particulier lorsqu'il a été exposé à la chaleur ou stocké longtemps. Un pack laissé plusieurs semaines dans un entrepôt chaud, puis dans un coffre de voiture en été, est un scénario typique de libération de particules.

Il faut rester prudent : les méthodes d'analyse ne sont pas encore standardisées, ce qui rend les comparaisons entre études délicates. Mais la tendance est claire et convergente.

3. Quels risques pour la santé ?

C'est la question que tout le monde se pose, et la réponse honnête est que la science n'a pas encore tranché.

Les études menées chez l'animal et sur des cellules suggèrent que les micro- et nanoplastiques pourraient provoquer de l'inflammation, du stress oxydatif ou perturber certaines fonctions, en particulier lorsqu'ils sont très petits et capables de pénétrer dans les tissus. Ils peuvent aussi transporter des substances chimiques présentes dans le plastique, comme certains additifs, ou des polluants qui s'y fixent.

Chez l'humain, des microplastiques ont été retrouvés dans le sang, les poumons ou le placenta, ce qui montre que nous y sommes exposés. En revanche, les effets réels sur la santé humaine aux niveaux d'exposition actuels ne sont pas encore établis. L'Organisation mondiale de la santé a indiqué que les données étaient insuffisantes pour conclure et appelé à davantage de recherches.

Rappelons aussi que l'eau n'est qu'une source d'exposition parmi d'autres : l'air intérieur, les aliments, notamment ceux chauffés dans des contenants en plastique, et les poussières domestiques y contribuent aussi.

Dans ce contexte d'incertitude, réduire son exposition par des gestes simples relève du bon sens.

4. Réduire son exposition au quotidien

Quelques habitudes faciles à adopter permettent de limiter les microplastiques que vous ingérez.

Privilégiez l'eau du robinet. Elle contient généralement moins de particules que l'eau en bouteille, coûte beaucoup moins cher et évite des centaines de bouteilles par an.

Adoptez des contenants sans plastique. Une carafe en verre et une gourde en inox ne libèrent pas de particules de plastique. La Gourde alcaline d'Achilus, en acier inoxydable, vous accompagne partout sans bouteille jetable.

Ne chauffez jamais d'aliments dans du plastique. La chaleur favorise fortement la libération de particules. Utilisez du verre ou de la céramique au micro-ondes.

Évitez les bouteilles laissées au soleil ou dans une voiture chaude.

Limitez les bouilloires et biberons en plastique, surtout avec de l'eau très chaude, et préférez l'inox ou le verre.

Aérez et dépoussiérez régulièrement votre logement, car les fibres synthétiques s'accumulent dans la poussière.

Préférez les planches à découper en bois plutôt qu'en plastique : les coups de couteau répétés arrachent de minuscules particules qui se retrouvent dans les aliments.

5. La filtration peut-elle retenir les microplastiques ?

Si vous souhaitez aller plus loin, certaines technologies de filtration domestique permettent de réduire les microplastiques présents dans l'eau du robinet.

L'osmose inverse est la plus efficace : ses membranes très fines retiennent l'immense majorité des particules, y compris de nombreuses nanoparticules.

L'ultrafiltration retient également les particules au-dessus d'une certaine taille, de l'ordre de quelques centièmes de micromètre.

Les filtres à charbon actif en bloc de bonne qualité, avec une porosité fine, peuvent retenir une partie des microplastiques les plus gros. Leur efficacité dépend de leur conception : vérifiez les données du fabricant.

Les carafes filtrantes à charbon en granulés sont surtout conçues pour le goût et le chlore. Leur effet sur les microplastiques est généralement limité. Leur vrai atout, comme pour la Carafe d'Achilus en verre borosilicate, est de vous permettre de boire l'eau du robinet avec plaisir, sans passer par les bouteilles en plastique.

Quel que soit votre choix, l'essentiel est de remplacer les bouteilles jetables : c'est le geste qui a le plus d'impact à la fois sur votre exposition et sur l'environnement.

Conclusion

Les microplastiques sont présents dans presque toutes les eaux, mais l'idée que l'eau en bouteille serait la plus pure ne tient plus : les études montrent qu'elle en contient souvent davantage que l'eau du robinet, en grande partie à cause de son propre emballage. Les effets de ces particules sur la santé humaine restent à préciser, mais dans le doute, quelques gestes simples permettent de réduire son exposition : boire l'eau du robinet, utiliser du verre et de l'inox, ne jamais chauffer d'aliments dans du plastique et, si vous le souhaitez, choisir une filtration adaptée. Bonne nouvelle : ce sont aussi les gestes les plus économiques et les plus écologiques. Chaque bouteille évitée compte, pour votre santé comme pour la planète, et l'habitude se prend en quelques jours seulement.

Foire aux questions

L'eau en bouteille contient-elle plus de microplastiques que l'eau du robinet ?

Dans la plupart des études, oui. Une grande partie des particules vient de la bouteille et du bouchon eux-mêmes.

Les microplastiques sont-ils dangereux pour la santé ?

Les effets sur l'humain ne sont pas encore établis. Les études en laboratoire suggèrent des effets possibles, et la recherche se poursuit. Réduire son exposition est une précaution raisonnable.

Faire bouillir l'eau élimine-t-il les microplastiques ?

Certaines études suggèrent que l'ébullition d'une eau calcaire peut piéger une partie des particules dans le tartre, mais ce n'est pas une méthode fiable. Mieux vaut filtrer et éviter le plastique.

Les gourdes en plastique libèrent-elles des microplastiques ?

Oui, surtout avec le temps, la chaleur et les lavages. L'inox et le verre sont des alternatives sans plastique.

Quel filtre retient le mieux les microplastiques ?

L'osmose inverse est la plus efficace, suivie de l'ultrafiltration. Certains filtres à charbon en bloc retiennent les plus grosses particules.

Les sachets de thé en plastique libèrent-ils des particules ?

Oui, certains sachets en nylon ou en PET libèrent des particules dans l'eau chaude. Préférez le thé en vrac ou les sachets en papier.

Les microplastiques sont-ils réglementés dans l'eau potable ?

Pas encore par une limite chiffrée, mais l'Union européenne a adopté une méthode de mesure harmonisée afin de surveiller leur présence dans l'eau destinée à la consommation.

Comment savoir combien de microplastiques contient mon eau ?

Ces analyses sont complexes et peu proposées aux particuliers. Le plus efficace reste d'adopter les gestes qui réduisent votre exposition.

Retour au blog